Optimiser sa fiscalité avant le 31 décembre 2026 : les bons leviers

Vous souhaitez optimiser votre fiscalité et réduire vos impôts sur les revenus 2026 ?

C’est avant le 31 décembre qu’il faut agir.

Toutes les solutions de défiscalisation ne se valent pas, et aucune ne convient à tout le monde. Cet article présente les leviers que nous mettons en œuvre pour nos clients. Chacun suppose une étude préalable : réaliser un audit patrimonial et fiscal permet de bien calibrer les solutions existantes à votre situation.

Comment optimiser sa fiscalité : déduire, réduire, créditer ou alléger la base

Pour réduire ses impôts efficacement, il faut savoir à quel endroit du calcul agit chaque solution. C’est ce qui détermine votre gain réel, bien plus que le taux affiché.

  • Déduire - Retrancher une somme de votre revenu imposable, comme un versement sur un PER. Le gain dépend de votre taux marginal d’imposition (TMI) : 1 000 € déduits font économiser 410 € à un foyer imposé à 41 %, mais 110 € à un foyer imposé à 11 %.
  • Réduire - Retrancher un montant directement de l’impôt : investissement au capital de PME ou Girardin industriel. La réduction vaut la même chose quel que soit votre taux, mais elle ne s’impute que sur l’impôt calculé au barème, et ce qui dépasse l’impôt dû est perdu, sauf report prévu par la loi.
  • Créditer - Un crédit d’impôt, comme celui pour l’emploi d’un salarié à domicile, fonctionne comme une réduction, mais l’excédent vous est remboursé
  • Alléger la base - Percevoir une partie de sa rémunération ou de ses gains sous une forme exonérée. Le même raisonnement vaut pour l’IFI, qui ne frappe que l’immobilier.

La plupart des réductions et crédits d’impôt sont plafonnés ensemble à 10 000 € par foyer et par an, montant porté à 18 000 € pour les investissements outre-mer.

Au-delà, l’avantage est en principe perdu : faire l’inventaire de ce qui consomme déjà ce plafond est la première étape d’une stratégie fiscale bien pensée.

Déduire : le PER

Le PER individuel, un levier pour contribuables fortement imposés

Les versements volontaires sur un plan d’épargne retraite (PER) effectués avant le 31 décembre 2026 sont déductibles de vos revenus 2026, dans la limite d’un plafond indiqué sur votre avis d’imposition. Plus votre taux marginal est élevé, plus l’économie est forte : c’est un outil de choix pour optimiser sa fiscalité à 41 % ou 45 %.

La loi de finances pour 2026 a changé deux règles. Les versements effectués à partir du 70e anniversaire ne sont plus déductibles. Et le plafond non utilisé se reporte désormais sur cinq ans au lieu de trois, mais seulement à partir du plafond 2026 : cette année, vous pouvez mobiliser votre plafond 2026 et les reliquats 2023, 2024 et 2025, le reliquat 2023 étant perdu au 1er janvier 2027.

Pour un couple marié ou pacsé, la mutualisation des plafonds cesse à partir de l’année qui suit les 70 ans de l’un des conjoints. Vous pouvez aussi moduler votre prélèvement à la source pour profiter plus tôt de la baisse d’impôt : seules les déductions sont alors prises en compte, pas les réductions ni les crédits d’impôt.

Ce qu’il faut savoir avant de verser

Le PER reporte l’impôt plus qu’il ne l’efface : les sommes déduites sont imposées à la sortie. En cas de sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits peut toutefois bénéficier, sur demande, du système du quotient, qui atténue la progressivité de l’impôt l’année du déblocage.

Pour les hauts revenus, un point est souvent ignoré. Un salarié, ou un dirigeant assimilé salarié, déduit ses versements de son revenu global : ils ne diminuent pas son revenu fiscal de référence. Ils restent donc sans effet sur la CEHR et la CDHR. À l’inverse, en principe un indépendant qui déduit ses versements de son revenu professionnel réduit son revenu fiscal de référence et conserve l’efficacité du dispositif.

Réduire : investir au capital des PME, en direct ou via des FCPI et FIP

Investir au capital de PME non cotées permet de réduire ses impôts tout en finançant l’économie réelle. C’est une piste pertinente pour une clientèle aisée, à condition d’accepter un capital bloqué plusieurs années et un risque de perte.

En direct

La souscription au capital d’une PME, en direct ou via une holding (sous réserve des conditions particulières), ouvre droit à une réduction de 18 % des sommes versées, dans la limite de 50 000 € par an pour une personne seule et 100 000 € pour un couple. Les titres doivent être conservés jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription. Pour les entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS) et les foncières solidaires, le taux de 25 %, appliqué jusqu’au 30 septembre 2026, a été rétabli pour les versements effectués du 22 octobre 2026 au 31 décembre 2027.

Les jeunes entreprises innovantes ouvrent droit à des taux renforcés : 30 % pour une JEI, 40 % pour une jeune entreprise d’innovation à impact, 50 % pour une jeune entreprise d’innovation et de rupture. Ces réductions échappent au plafond de 10 000 €, dans une limite propre de 50 000 € de réduction sur la période 2024-2028, au-delà de laquelle l’excédent est perdu : un atout pour les contribuables qui ont déjà saturé leur plafond global.

FCPI et FIP : un paysage resserré

Depuis le 21 février 2026, seuls les FCPI investis dans de jeunes entreprises innovantes ouvrent droit à une réduction d’impôt. Les FIP n’y ouvrent plus droit depuis le 16 février 2025, sauf les FIP Corse et outre-mer. La réduction atteint jusqu’à 30 % des sommes versées hors droits d’entrée, selon la part du fonds investie dans des entreprises éligibles. Les FIP Corse et outre-mer sont retenus jusqu’à 12 000 € de versements par an (24 000 € pour un couple) et entrent dans le plafond de 10 000 € ; les FCPI investis en JEI relèvent de la limite propre de 50 000 €.

Les parts doivent être conservées au moins cinq ans, et la durée de vie des fonds dépasse souvent huit ans. De même, un changement de traitement est opéré pour les souscriptions à cette même date.

Risque, liquidité, plafonds : ce qu’il faut vérifier

Une réduction de 30 % ne compense pas une perte de 50 %. Avant de souscrire, il faut analyser la société ou le fonds, ses frais, son horizon de liquidité et sa place dans votre patrimoine, mais aussi votre situation fiscale et la marge sous le plafond de 10 000 € et l’effet éventuel des autres contributions par un audit fiscal.

Réduire : le Girardin industriel, une réduction d’impôt « one shot »

Dispositif de défiscalisation en outre-mer, le Girardin industriel consiste à apporter des fonds à une société qui achète du matériel productif (véhicules, équipements agricoles ou industriels…) loué pendant au moins cinq ans à une entreprise d’outre-mer. Votre apport n’est pas restitué : le gain vient de ce que la réduction d’impôt, obtenue en une seule fois sur l’impôt des revenus de l’année de l’investissement, dépasse la somme versée, généralement de l’ordre de 10 %.

Le Girardin bénéficie d’un plafond majoré de 18 000 €, et seule la part de réduction non rétrocédée à l’exploitant est retenue dans ce plafond. La réduction peut ainsi atteindre 40 909 € pour les opérations de plein droit, voire 52 941 € pour les opérations soumises à agrément. C’est l’un des rares leviers capables d’effacer un impôt élevé en une seule année.

Le principal risque est fiscal : si le matériel n’est pas exploité normalement pendant cinq ans, ou s’il se révèle inéligible, l’avantage peut être repris. Le choix d’un monteur expérimenté et assuré est déterminant. Enfin, pour les foyers redevables de la CDHR, une réduction Girardin au titre d’un investissement réalisé en 2026 peut être neutralisée en tout ou partie : un audit préalable est indispensable.

Hauts revenus : CEHR, CDHR à ne pas oublier

Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule, ou 500 000 € pour un couple, deux contributions changent le calcul de toute stratégie de défiscalisation.

La CEHR, assise sur le revenu fiscal de référence

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) est de 3 %, puis de 4 % au-delà de 500 000 € (1 M€ pour un couple). Elle porte sur le revenu fiscal de référence : les réductions d’impôt et les versements PER déduits du revenu global ne la diminuent pas, contrairement aux versements déduits d’un revenu professionnel par un indépendant ou à un déficit foncier. Un mécanisme de lissage, dit du quotient, peut l’atténuer l’année d’un revenu exceptionnel, lorsque les deux années précédentes étaient sous les seuils et que le revenu de l’année dépasse 1.5 fois leur moyenne.

La CDHR, un impôt plancher de 20 %

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) garantit une imposition minimale de 20 % du revenu de référence, en tenant compte de l’impôt sur le revenu et de la CEHR. Créée pour les revenus 2025, elle a été prolongée par la loi de finances pour 2026 jusqu’au retour du déficit de l’État sous 3 % du PIB. La situation familiale n’y joue pas par le quotient familial, mais par des majorations forfaitaires : 12 500 € pour un couple et 1 500 € par personne à charge.

Si votre impôt, après avantages fiscaux, passe sous ce plancher, la CDHR reprend la différence. Pour les dépenses et investissements réalisés en 2026, la plupart des avantages perdent alors leur effet.

IFI : alléger la base taxable avant le 1er janvier

L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) concerne les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 M€, évalués au 1er janvier. Pour l’IFI 2027, c’est donc avant le 31 décembre 2026 qu’il faut agir.

Pour optimiser son IFI, la logique est simple : l’impôt ne frappe que l’immobilier. Les placements financiers et les titres de sociétés opérationnelles, comme les parts de FCPI ou de FIP et les actions de PME, n’entrent en principe pas dans la base taxable. Réorienter une partie de son patrimoine immobilier vers ces actifs, dans le cadre d’une stratégie d’ensemble, réduit donc mécaniquement l’impôt. Les dettes liées aux biens taxables et les biens professionnels peuvent aussi alléger l’assiette, sous conditions.

Enfin, les dons à certains organismes (fondations reconnues d’utilité publique, établissements d’enseignement supérieur ou de recherche, entreprises d’insertion…) ouvrent droit à une réduction d’IFI de 75 %, dans la limite de 50 000 € par an. Un même don ne peut servir à la fois pour l’IFI et pour l’impôt sur le revenu : il faut choisir. Pour l’IFI 2027, comptent les dons faits entre la date limite de déclaration de 2026 et celle de 2027, en mai ou juin selon les départements.

Les autres dispositifs, en bref

D’autres solutions existent, mais elles répondent à des besoins plus spécifiques :

  • Les dons aux organismes d’intérêt général ouvrent droit à une réduction de 66 %, portée à 75 % jusqu’à 2 000 € de dons pour l’aide aux personnes en difficulté, hors plafond global.
  • L’emploi d’un salarié à domicile donne droit à un crédit d’impôt de 50 %.

En immobilier, plusieurs leviers se distinguent :

  • Dispositif Jeanbrun - Il permet d’amortir un logement loué nu.
  • Déficit foncier - Il s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (doublé dans certains cas).
  • Régimes Malraux et monuments historiques - Ils visent des projets de restauration lourds.

Ces dispositifs engagent sur un bien précis pour de longues années : ils relèvent d’une analyse distincte, à mener en lien avec vos autres conseils.

Optimiser ma fiscalité avant le 31 décembre : qui a le plus à gagner ?

Chefs d’entreprise, professions libérales, cadres ayant perçu une rémunération exceptionnelle, dirigeants préparant une cession, foyers fortement imposés ou assujettis à l’IFI : d’ici la fin de l’année, quelques choix bien calibrés peuvent sensiblement alléger votre facture fiscale.

Encore faut-il en mesurer l’effet réel. Un investissement « one shot » ou un produit doit découler d’une simulation préalable : l’impôt sur le revenu, la CEHR, la CDHR et l’IFI reposent sur des assiettes différentes, et un avantage gagné sur l’un de ces impôts peut être repris par un autre. C’est pourquoi nous vous accompagnons de l’audit fiscal et patrimonial préalable jusqu’à la mise en place des solutions retenues.

Article à jour au 27 octobre 2026, établi à partir des textes et de la doctrine administrative publiés à cette date. Il a une vocation d’information générale et ne constitue ni un conseil personnalisé ni une recommandation d’investissement. Les placements cités présentent un risque de perte en capital et une liquidité réduite ; l’avantage fiscal dépend de votre situation personnelle et de règles susceptibles d’évoluer, notamment avec le projet de loi de finances pour 2027 en cours d’examen.

Contactez-nous pour faire le point sur votre fiscalité

Réduire efficacement son impôt suppose de choisir le bon levier au bon moment. Nos conseillers vous accompagnent de l'audit de votre situation jusqu’à la sélection et la mise en place des dispositifs les plus adaptés à vos objectifs patrimoniaux.

Le compte à rebours avant le 31 décembre est lancé : prenez rendez-vous pour sécuriser et maximiser vos gains fiscaux 2026.

 

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