France Valley Investissements
Pourquoi investir en actifs forestiers ? Et quelle forme de support faut-il privilégier ?
Directeur associé
Investir dans un fonds détenant des forêts gérées de manière durable peut se révéler patrimonialement pertinent. En effet, l’investissement forestier, encore peu connu, embarque certaines spécificités. En premier lieu, cette classe d’actifs performe indépendamment de l’évolution des autres marchés, comme ceux des actions, des obligations ou de l’immobilier. En second lieu, l’investissement forestier affiche une volatilité faible (autour de 3 % selon l’indice IEIF Asffor). Enfin, concernant les aspects financiers, la valorisation des forêts reposant principalement sur le volume de bois, l’actif forestier à tendance à s’apprécier davantage dans un contexte inflationniste, le bois étant une matière première.
L’investissement collectif en forêts permet à l’investisseur de disposer d’un fort degré de diversification. Et cette notion se révèle capitale au regard des impacts du réchauffement climatique. Une pluviométrie plus faible dans certaines régions et des étés plus secs ont naturellement des conséquences sur certaines essences en fonction de le station forestière. Disposer d’un portefeuille diversifié par essence et par région permet de limiter considérablement ces impacts.
Par ailleurs, cette répartition géographique vise également à prémunir le portefeuille d’un risque dont il a été beaucoup question cet été : les incendies. Tributaire 9 fois sur 10 d’une action humaine, ce risque peut être couvert de différentes manières. La première consiste à assurer ses forêts, un dispositif qui permet de couvrir leur portefeuille. De plus, la diversification permet d’éviter certaines zones à risques notamment la forêt des Landes qui souffrent de deux facteurs : une forêt quasi exclusivement composée de pins maritimes et détenue par des centaines de propriétaires privés qui n’appliquent souvent pas les règles de base : assurer sa forêt et l’entretenir (création de voie d’accès, de coupe-feu, débroussailler…). Bien que fortement médiatisés, les incendies n’ont touché en France que 0,6 % de la surface forestière totale (17,6 millions d’hectares, aux trois-quarts détenus par des privés).
Cette diversification constitue également une parade pour lutter contre les risques liés aux tempêtes (assurés par France Valley) et les facteurs phytosanitaires. Chaque essence d’arbre dispose d’un pathogène qui lui est propre (champignons, insectes…) mais ne se transmets pas aux autres essences. Pour renforcer ces protections, nous assurons l’ensemble des forêts françaises contre ces risques d’incendie et de tempêtes.
On évoque souvent la forêt comme un investissement offrant des avantages fiscaux. Quels sont-ils précisément ?
Sur le plan patrimonial, certains fonds forestiers disposent de plusieurs avantages. Le montant investi n’entre pas en ligne de compte pour l’Impôt sur la fortune immobilière. De plus, certaines solutions permettent de disposer d’une réduction d’impôt sur le revenu (18 % dans le cadre du plafonnement des niches fiscales). Enfin, en optant pour un Groupement forestier d’investissement (un statut créé par l’Autorité des marchés financiers), l’investisseur dispose d’un abattement de 75 % sur les droits de mutation à titre gratuit (succession et donation). Cet abattement – mis en place en 1959 sous sa forme actuelle – s’applique quel que soit l’âge de l’investisseur, quel que soit le montant investi et quel que soit la lignée des héritiers. Ainsi, une personne n’ayant pas d’héritiers en ligne directe, pourra toutefois transmettre à ses neveux ou nièces voire même à une personne tierce. Ce dispositif peut donc se révéler complémentaire à d’autres stratégies déjà déployées pour favoriser la transmission dans des conditions optimales.
Outre les risques d’incendies et de tempêtes que vous avez assuré, quel sont les principales précautions à prendre en compte ?
Il faut garder à l’esprit que les actifs forestiers ne sont pas des produits liquides comme des actions cotées. Même si le marché reste dynamique – de nombreux institutionnels souhaitent acquérir des forêts et on estime le montant annuel des transactions autour de 12 milliards d’euros en Europe – il convient de disposer d’un horizon d’investissement établi à 10 ans selon les recommandations de l’Autorité des marchés financiers. Enfin, il convient de sélectionner un acteur solide et dynamique, disposant d’un bon réseau afin de pouvoir acquérir des forêts de qualité de gré à gré et capable de négocier des décotes à l’acquisition. La gestion forestière demande à présent la mobilisation de nombreuses compétences.

