Les perspectives de marché pour 2026
Nous avons le plaisir de vous adresser nos perspectives de marché pour l’année 2026.
Fruit du travail de notre équipe, ces propos présentent notre lecture des grandes tendances économiques et financières qui pourraient façonner les prochains mois.
D’une année rassurante à un monde plus exigeant
À bien des égards, 2026 ressemble à une année rassurante. La croissance mondiale tient, l’inflation recule, les banques centrales poursuivent des baisses de taux, et les marchés financiers sortent de plusieurs années de performances solides. Après les chocs successifs que nous avons traversés, l’idée d’un retour à une forme de normalité s’est progressivement imposée.
Pourtant, à la lecture des perspectives 2026 publiées par les grandes institutions financières mondiales, une conviction se dégage nettement : 2026 ne sera pas une année de rupture brutale, mais probablement une année de bascule lente, du monde simple vers un monde plus exigeant.
Jusqu’à présent, investir ressemblait à suivre quelques directions claires (acheter les actions/fonds technologiques, se réfugier dans les obligations, diversifier par grandes zones géographiques, ect.).
En 2026, ce monde devient moins prévisible. Les stratégies qui semblaient évidentes peuvent se transformer en sources de fragilité, et les marchés qui allaient dans le même sens commencent à diverger. C’est précisément cette fragmentation qui constituera l’un des marqueurs forts de l’année à venir et qui justifie une réflexion plus approfondie sur la façon d’investir vos patrimoines.
Une croissance mondiale « juste bonne »
Le scénario central pour 2026 est remarquablement consensuel parmi les grandes institutions.
La croissance mondiale attendu se situe entre 2.5% et 3%. C’est un niveau satisfaisant pour éviter une récession globale, mais insuffisant pour faire disparaître les tensions accumulées. Ce n’est ni trop chaud, ni trop froid, comme on dit. Cela signifie que les entreprises peuvent continuer à avancer et à générer des profits, mais sans les accélérations spectaculaires d’antan.
Dans ce contexte, la croissance tient, mais elle devient moins homogène, moins synchronisée et plus dépendante de politiques ciblées que d’une dynamique naturelle mondiale.
États-Unis : le moteur qui ralentit, mais doucement
Les États-Unis demeurent le pilier du scénario mondial. Une croissance entre 1,8% et 2% est attendue, portée par une consommation encore robuste et par un marché du travail qui se détend progressivement.
Les bénéfices des entreprises américaines devraient continuer de progresser d’environ 10% à 12%, soutenues notamment par la technologie et les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle.
Cette solidité masque cependant plusieurs tensions. Tout d’abord, l’économie américaine devient de plus en plus « bipolaire », très favorable aux ménages aisés et aux grandes entreprises, beaucoup plus contrainte pour le reste du tissu économique. Par ailleurs, la dépendance de la croissance à l’investissement technologique s’accroît, tandis que les déficits budgétaires atteignent des niveaux historiquement élevés.
La question n’est donc plus de savoir si l’économie américaine va ralentir, mais dans quelle mesure elle pourra continuer à porter seule l’équilibre mondial.
En Zone euro le pessimisme cache des opportunités
La Zone euro apparaît rarement comme une source d’enthousiasme dans les perspectives 2026.
Les anticipations de croissance restent modestes, généralement comprises entre 1% et 1,3%, et le discours dominant demeure prudent, voire sceptique. Pourtant, cette prudence généralisée pourrait bien constituer en elle-même l’un des principaux arguments en faveur d’un scénario moins défavorable qu’attendu.
À Francfort et dans les capitales européennes, un changement significatif est en cours. Berlin assouplit son cadre budgétaire pour financer des dépenses d’infrastructure et de défense, tandis que la BCE approche probablement de la fin de son cycle de baisse de taux, permettant à la politique monétaire de devenir moins restrictive. L’inflation est désormais proche de la cible, et le pouvoir d’achat des ménages s’améliore progressivement grâce à la hausse des salaires réels.
Cette conjonction de facteurs ne fera peut-être pas de l’Europe un moteur de croissance spectaculaire, mais elle crée un socle plus solide qu’il n’y paraît à première vue. L’Europe s’impose moins comme un pari de croissance que comme une zone d’arbitrage, où la discipline de sélection et la diversification pourraient jouer un rôle clé dans la construction des portefeuilles.
Japon : la normalisation tant attendue
Le Japon occupe une place singulière dans les perspectives 2026. Longtemps perçu comme une anomalie avec des taux quasi-zéro, il est désormais présenté comme un marché entré dans une phase de normalisation structurelle. Pour la première fois depuis des décennies, le Japon bénéficie d’un trio rarement observé :
- Inflation positive
- Hausses salariales
- Amélioration de la gouvernance d’entreprise
La Banque du Japon poursuit sa sortie de l’ère des taux ultra-bas, devenant la seule grande économie développée à s’engager sur une trajectoire de resserrement relatif en 2026, même si cette normalisation reste extrêmement progressive et prudente. Cet ajustement aura des répercussions bien au-delà du Japon, notamment sur les stratégies de financement historiquement adossées au yen, et mérite une attention particulière.
Chine : une croissance sous contrôle, mais dépendante
Les perspectives 2026 sur la Chine sont marquées par une forme de réalisme pragmatique. Bien que les grandes institutions continuent d’anticiper une croissance autour de 5%, elles reconnaissent unanimement que cette croissance n’a plus la même nature ni la même capacité d’entraînement qu’auparavant.
L’économie chinoise est désormais pilotée avant tout par le soutien public, tandis que la demande privée, la confiance des ménages et l’investissement immobilier restent contraints. Cette configuration conduit à une croissance plus stable, mais aussi plus dépendante des décisions politiques. La Chine n’est plus un moteur automatique pour les marchés émergents ou la croissance mondiale ; elle devient un facteur de différenciation, où les opportunités d’investissement sont davantage sectorielles que macroéconomiques.
Focus sur l’intelligence artificielle et les actifs privés
L’intelligence artificielle reste le thème structurant majeur.
Toutefois, 2026 pourrait marquer un passage de relai important : d’un marché porté par l’expansion des multiples de valorisation à un marché dominé par la capacité à transformer réellement l’innovation en profits durables. Les investisseurs devront désormais distinguer les « constructeurs » (semi-conducteurs, fournisseurs cloud) des « adopteurs » capables d’intégrer l’IA pour améliorer leur productivité et leur compétitivité. Bien qu’aucune bulle majeure ne soit anticipée, certaines valorisations intègrent déjà une part importante des bénéfices futurs, laissant peu de place à l’erreur. Le vrai risque est une normalisation des multiples si la diffusion réelle de l’IA dans l’économie tarde.
C’est probablement sur le terrain des actifs privés que l’évolution est la plus marquante. Là où ces actifs étaient autrefois considérés comme des compléments de diversification opportuniste, ils sont désormais présentés par plusieurs institutions comme des composantes structurelles de l’allocation.
Le crédit privé, en particulier, bénéficie pleinement du nouveau régime de taux. Les rendements offerts restent élevés, souvent indexés sur des taux flottants, ce qui permet de préserver le niveau de revenu en cas de stabilisation des taux. Par ailleurs, le recul relatif des banques traditionnelles dans le financement de l’économie crée un espace durable pour les acteurs privés. Toutefois, le message des grandes institutions est clair, le crédit privé n’est pas un substitut sans risque.
En synthèse, il faudra investir autrement en 2026
Le constat largement partagé est que 2026 ne sera probablement ni l’année d’un krach généralisé, ni celle d’une euphorie incontrôlée. Le scénario central reste celui d’une croissance qui résiste, d’une inflation qui se normalise sans disparaître, et de marchés financiers capables de continuer à délivrer de la performance.
Mais cette performance ne sera plus le produit d’un simple alignement de facteurs favorables. La différence ne se fera sans doute pas sur la capacité à prévoir le prochain chiffre de croissance, mais sur l’aptitude à construire des portefeuilles capables de s’adapter à un monde moins simple, mais riche en opportunités pour ceux qui en comprennent les ressorts. C’est précisément cette lecture transversale qui invite à une allocation plus réfléchie, plus diversifiée et plus disciplinée pour 2026.

